01
0233
griffonnage courantcursif des adresses,– une longue bande de timbres
03liés entre eux, et là, recroquevillée par la chaleur, et méthodiquem
04avec le petit bruit de la déchirure du papier, l'abbé, les coll mouille
05et les colle sur les enveloppes où il appuie pour les fixer la
06paume de sa main....
07La chambre mortuaire – pas de rideaux au lit, des plats de faïence
08aux murs, les draps apparaissent blancs, ils collent sur le
09pauvre
corps étendu, comme s'ils avaient été mouillés, l'arête
10maigre et osseuse des jambes les soulève, légèrement, à l'issue des
11draps, la
chemise de nuit blanche aussi bouillonne un peu, dessinant
12des maigreurs arquées de côtes, les bras, descendent, et les mains
13crispées sont croisées au dessous d'un crucifix noir à cChrist de
14cuivre, la tête est entourée d'un bandeau blanc, je la vois mal
15dans la deme clarté, elle paraît anémiée, réduidte, amaigrie
16 et les yeux creux sont pleins d'ombre ; l'ombre sinistre qu'ont au
17crépuscule les yeux blancs des statues. L'impression qui domine
18est celle de la maigreur, c'est bien un cadavre de vaincu, et je n'ai
19pas trouvé en l'abattement de ce corps, l'apparence de sommeil
20c'est d'une rigidité tendue, et on dirait que cette immobilité
21 sera rompue par des sursauts
22Ce spectacle m'a produit une sensation singulière, à cette 33
33
griffonnage cursif des adresses ; une longue bande de timbres liés entre eux, et là, recroquevillé par la chaleur, et méthodiquement,
avec le petit bruit de la déchirure du papier, l'abbé les mouille et les colle sur les enveloppes où il appuie, pour les fixer, la paume de sa main...
La chambre mortuaire – pas de rideaux au lit, des plats de faïence aux murs, les draps apparaissent blancs, ils collent sur le pauvre corps étendu, comme s'ils avaient été mouillés, l'arête maigre et osseuse des jambes les soulève, légèrement, à l'issue des draps, la chemise de nuit blanche aussi bouillonne un peu, dessinant des maigreurs arquées de côtes, les bras descendent, et les mains crispées sont croisées au-dessous d'un crucifix noir à Christ de cuivre, la tête est entourée d'un bandeau blanc, je la vois mal dans la demie clarté, elle paraît anémiée, réduite, amaigrie, et les yeux creux sont pleins d'ombre ; l'ombre sinistre qu'ont au crépuscule les yeux blancs des statues. L'impression qui domine est celle de la maigreur, c'est bien un cadavre de vaincu, et je n'ai pas trouvé en l'abattement de ce corps, l'apparence de sommeil ; c'est d'une rigidité tendue, et on dirait que cette immobilité sera rompue par des sursauts.
Ce spectacle m'a produit une sensation singulière : à cette 33
01
0233
griffonnage courantcursif des adresses,– une longue bande de timbres
03liés entre eux, et là, recroquevillée par la chaleur, et méthodiquem
04avec le petit bruit de la déchirure du papier, l'abbé, les coll mouille
05et les colle sur les enveloppes où il appuie pour les fixer la
06paume de sa main....
07La chambre mortuaire – pas de rideaux au lit, des plats de faïence
08aux murs, les draps apparaissent blancs, ils collent sur le
09pauvre
corps étendu, comme s'ils avaient été mouillés, l'arête
10maigre et osseuse des jambes les soulève, légèrement, à l'issue des
11draps, la
chemise de nuit blanche aussi bouillonne un peu, dessinant
12des maigreurs arquées de côtes, les bras, descendent, et les mains
13crispées sont croisées au dessous d'un crucifix noir à cChrist de
14cuivre, la tête est entourée d'un bandeau blanc, je la vois mal
15dans la deme clarté, elle paraît anémiée, réduidte, amaigrie
16 et les yeux creux sont pleins d'ombre ; l'ombre sinistre qu'ont au
17crépuscule les yeux blancs des statues. L'impression qui domine
18est celle de la maigreur, c'est bien un cadavre de vaincu, et je n'ai
19pas trouvé en l'abattement de ce corps, l'apparence de sommeil
20c'est d'une rigidité tendue, et on dirait que cette immobilité
21 sera rompue par des sursauts
22Ce spectacle m'a produit une sensation singulière, à cette 33
33
griffonnage cursif des adresses ; une longue bande de timbres liés entre eux, et là, recroquevillé par la chaleur, et méthodiquement,
avec le petit bruit de la déchirure du papier, l'abbé les mouille et les colle sur les enveloppes où il appuie, pour les fixer, la paume de sa main...
La chambre mortuaire – pas de rideaux au lit, des plats de faïence aux murs, les draps apparaissent blancs, ils collent sur le pauvre corps étendu, comme s'ils avaient été mouillés, l'arête maigre et osseuse des jambes les soulève, légèrement, à l'issue des draps, la chemise de nuit blanche aussi bouillonne un peu, dessinant des maigreurs arquées de côtes, les bras descendent, et les mains crispées sont croisées au-dessous d'un crucifix noir à Christ de cuivre, la tête est entourée d'un bandeau blanc, je la vois mal dans la demie clarté, elle paraît anémiée, réduite, amaigrie, et les yeux creux sont pleins d'ombre ; l'ombre sinistre qu'ont au crépuscule les yeux blancs des statues. L'impression qui domine est celle de la maigreur, c'est bien un cadavre de vaincu, et je n'ai pas trouvé en l'abattement de ce corps, l'apparence de sommeil ; c'est d'une rigidité tendue, et on dirait que cette immobilité sera rompue par des sursauts.
Ce spectacle m'a produit une sensation singulière : à cette 33
Édition numérique des Cahiers d’Henri de Régnier