010248
ruminer à l'aise d'anciennes misères
03
Hier, un jour d'immense fatigue, de courbature morale, que j'ai
04traîné çà et là au hasard, chez Sully Prudhommei99 absent, au champs
05Elysées fleuris de marronniers, le long des quais, vu un cabaret
06que j'avais découvert quai de Billy100 et où je rêvais de m'asseoir,
mais
07dont m'a éloigné une réunion de blouses blanches
08Je m'arrête au café de l'Hippodrome101, des clowns et des écuyers
09en civil, boivent des bocks, l'avenue de l'Alma est presque déserte,
10une voiture de temps en temps, un fiacre lent, qui mène dans
11un étalage de jupes claires quelque beauté de la colonie américaine
12Jeudi 9. Hier soir, au jardin de Paris102 – une foule
homme et femmes tournent autour
13d'un grand kiosque où un orchestre se tient les soirs de danse.
14D'autres s'assoient devant le concert. les arbres poudroyants de gaz ont l'air
15de feuillages de décors, en cette immobilité de belle soirée,
qui les fait tressauter
16à peine d'un souffle – des coins de feuillages éclairés par en dessous, sont d'un
17vert blanchâtre, printanier qui tranche sur le vert d'ombre d'alentour
18Un jongleur japonais tout vêtu de rouge, évolue, et ses grandes manches battent
19s'envolent non sans grâce. Des femmes viennent chanter, elles ne
20m'apparaissent qu'à l'état de taches lumineuses et mouvantes
21 qui
se déforment, saluent, et s'éclipsent, les grosses avec un sautillement qui voudrait être gamin
48
ruminer à l'aise d'anciennes misères.
Hier, un jour d'immense fatigue, de courbature morale, que j'ai traîné çà et là au hasard, chez Sully Prudhommei99 absent, aux Champs-Élysées fleuris de marronniers, le long des quais ; vu un cabaret que j'avais découvert quai de Billy100 et où je rêvais de m'asseoir, mais dont m'a éloigné une réunion de blouses blanches.
Je m'arrête au café de l'Hippodrome101, des clowns et des écuyers en civil boivent des bocks ; l'avenue de l'Alma est presque déserte, une voiture de temps en temps, un fiacre lent, qui mène dans un étalage de jupes claires quelque beauté de la colonie américaine.
Jeudi 9. Hier soir, au jardin de Paris102 – une foule, hommes et femmes, tournent autour d'un grand kiosque où un orchestre se tient, les soirs de danse.
D'autres s'assoient devant le concert. les arbres poudroyants de gaz ont l'air de feuillages de décors, en cette immobilité de belle soirée, qui les fait tressauter à peine d'un souffle – des coins de feuillages, éclairés par en dessous, sont d'un vert blanchâtre, printanier, qui tranche sur le vert d'ombre d'alentour. Un jongleur japonais tout vêtu de rouge évolue, et ses grandes manches battent, s'envolent non sans grâce. Des femmes viennent chanter, elles ne m'apparaissent qu'à l'état de taches lumineuses et mouvantes qui se déforment, saluent, et s'éclipsent, les grosses avec un sautillement qui voudrait être gamin.
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ruminer à l'aise d'anciennes misères
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Hier, un jour d'immense fatigue, de courbature morale, que j'ai
04traîné çà et là au hasard, chez Sully Prudhommei99 absent, au champs
05Elysées fleuris de marronniers, le long des quais, vu un cabaret
06que j'avais découvert quai de Billy100 et où je rêvais de m'asseoir,
mais
07dont m'a éloigné une réunion de blouses blanches
08Je m'arrête au café de l'Hippodrome101, des clowns et des écuyers
09en civil, boivent des bocks, l'avenue de l'Alma est presque déserte,
10une voiture de temps en temps, un fiacre lent, qui mène dans
11un étalage de jupes claires quelque beauté de la colonie américaine
12Jeudi 9. Hier soir, au jardin de Paris102 – une foule
homme et femmes tournent autour
13d'un grand kiosque où un orchestre se tient les soirs de danse.
14D'autres s'assoient devant le concert. les arbres poudroyants de gaz ont l'air
15de feuillages de décors, en cette immobilité de belle soirée,
qui les fait tressauter
16à peine d'un souffle – des coins de feuillages éclairés par en dessous, sont d'un
17vert blanchâtre, printanier qui tranche sur le vert d'ombre d'alentour
18Un jongleur japonais tout vêtu de rouge, évolue, et ses grandes manches battent
19s'envolent non sans grâce. Des femmes viennent chanter, elles ne
20m'apparaissent qu'à l'état de taches lumineuses et mouvantes
21 qui
se déforment, saluent, et s'éclipsent, les grosses avec un sautillement qui voudrait être gamin
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ruminer à l'aise d'anciennes misères.
Hier, un jour d'immense fatigue, de courbature morale, que j'ai traîné çà et là au hasard, chez Sully Prudhommei99 absent, aux Champs-Élysées fleuris de marronniers, le long des quais ; vu un cabaret que j'avais découvert quai de Billy100 et où je rêvais de m'asseoir, mais dont m'a éloigné une réunion de blouses blanches.
Je m'arrête au café de l'Hippodrome101, des clowns et des écuyers en civil boivent des bocks ; l'avenue de l'Alma est presque déserte, une voiture de temps en temps, un fiacre lent, qui mène dans un étalage de jupes claires quelque beauté de la colonie américaine.
Jeudi 9. Hier soir, au jardin de Paris102 – une foule, hommes et femmes, tournent autour d'un grand kiosque où un orchestre se tient, les soirs de danse.
D'autres s'assoient devant le concert. les arbres poudroyants de gaz ont l'air de feuillages de décors, en cette immobilité de belle soirée, qui les fait tressauter à peine d'un souffle – des coins de feuillages, éclairés par en dessous, sont d'un vert blanchâtre, printanier, qui tranche sur le vert d'ombre d'alentour. Un jongleur japonais tout vêtu de rouge évolue, et ses grandes manches battent, s'envolent non sans grâce. Des femmes viennent chanter, elles ne m'apparaissent qu'à l'état de taches lumineuses et mouvantes qui se déforment, saluent, et s'éclipsent, les grosses avec un sautillement qui voudrait être gamin.
Édition numérique des Cahiers d’Henri de Régnier